Re-salut !
Je met le premier chapitre du roman en espérant qu'il vous plaira. Bonne lecture !
Chapitre 1 : Le rêve d'ElvidiaElvidia avança au milieu de la foule qui s’écartait sur son passage, devant elle, une estrade sur laquelle se tenait une femme âgée d'une quarantaine d'années en armure. Elle continuait d'avancer en regardant droit devant elle. Elle savait qu’une fois l'estrade atteinte, son rêve le plus cher deviendra réalité et elle entrera dans la prestigieuse école de Myridian, afin de devenir Chevalier et intégrer l‘Ordre des Guerriers. Au moment où Elvidia s'apprêtait à monter les marches de l'estrade, tout devient flou autour d'elle, le sol se déroba sous ses pieds et elle entendit au loin une voix l'appeler : "Mademoiselle...Mademoiselle...Mademoiselle !" Elvidia consentit enfin à ouvrir un oeil, puis l'autre et la première chose qu'elle distingua en se réveillant fut les deux yeux bleus myosotis de Nolla, sa servante.
" Ah, mademoiselle, enfin vous vous réveillez. Soupira cette dernière de soulagement, tout en tirant les immenses rideaux de velours bleu qui ornaient la grande porte-fenêtre donnant sur une terrasse. La chambre, qui était il y a quelques secondes encore plongée dans l’obscurité, fut inondée de soleil. Elvidia, éblouie, referma les yeux par réflexe . Nolla, pas le moins du monde dérangée par cette soudaine luminosité, se dirigea vers une grande armoire en chêne massif et en sortit une robe assez simple mais néanmoins très élégante. Elvidia se releva péniblement en position assise sur son immense lit a baldaquin.
« Allez, mademoiselle, levez-vous ! Pressa la jeune servante, tandis qu’Elvidia s’étirait comme un chat, la couverture tomba en dévoilant chemise de nuit en soie verte que la jeune fille portait pour dormir.
_ Si un jour je venais à croiser le chemin de celui qui a inventé ce protocole de malheur, je lui fais regretter ne ne pas avoir tenu sa langue ! Pesta cette dernière. En effet, le protocole voulait que chaque matin la princesse se lève à une heure fixe et donc, dans le cas présent, la jeune princesse de dix-sept ans devait se lever tous les jours à six heures pile du matin. Nolla l’aida à sortir du lit et Elvidia enfila ses pantoufles. Elle se dirigea vers un guéridon sur lequel était posé une bassine, plongea ses main dans l’eau fraîche et s’en aspergea le visage. Ensuite, elle attrapa la brosse à cheveux que Nolla lui tendait et commença à coiffer ses longs cheveux blonds et bouclés, qu‘elle tressa par la suite. Une fois lavée et coiffée, la jeune fille enleva sa chemise de nuit et la tendit à Nolla qui s’empressa de la plier et de la ranger dans la grande armoire de chêne. Elvidia prit la robe que sa servante avait précédemment posé sur la coiffeuse et entreprit de la revêtir. Cette robe était faite d’un beau tissu jaune doré, ses bretelles étaient en dentelle noire et la robe légèrement évasée. Pendant que Nolla attachait le corset qui permettait de tenir la robe en place, Elvidia lui parla de son rêve.
_ Cette nuit, Nolla, j’ai encore fait ce rêve dans lequel j’entre enfin au sein de l’école de Myridian. Si tu savais à quel point cela peut m’obséder ! Je ne fais qu’y penser, j’ai tellement envie de devenir Guerrière tu comprends, Nolla ? Nolla ?
L’intéressée sursauta, bien trop occupée à fixer le corset, elle n’avait pas entendu les paroles de sa maîtresse.
_ Oh ! Eh bien…Bafouilla-t-elle.
_ Nolla, soupira Elvidia. Tu n’as pas écouté un traître mot de ce que je viens de dire.
_ Milles excuses, mademoiselle. S’excusa Nolla. J’était concentrée sur ce fichu corset et je ne vous ai pas écouté.
Elvidia la regarda en souriant, si ça n’aurait pas été Nolla, elle se serait sans doute mise en colère, mais avec Nolla, tout était différent. La jeune servante était à son service depuis qu’elle avaient toutes deux dix ans. Elles s’entendaient tellement bien qu’Elvidia en vint à considérer Nolla comme sa confidente, et non comme sa servante.
Une fois le corset fixé, Elvidia s’assit devant sa coiffeuse et commença à se maquiller très légèrement. Une fois son maquillage achevé, elle s’observa dans le grand miroir situé entre l’armoire et le bureau entièrement sculpté à la main par un artisan menuisier qui habitait Pydien, la ville se trouvant au pied de la colline du Dragon au sommet de laquelle était dressé le palais Royal. La jeune princesse était tout simplement splendide, elle avait hérité de la beauté de sa mère, la reine Ysall et des yeux bleus saphir en forme d’amande de son père, le roi Vardon.
Elvidia, enleva ses pantoufles, mit ses chaussures de même couleur que la robe, regarda encore son reflet pendant quelques secondes puis, fin prête, elle s’approcha de l’immense porte en bois, sculptée par le même artisan menuisier que le bureau, posa sa main droite sur la poignée en or représentant une tête d’aigle et s’adressa à Nolla, qui s’affairait à refaire les draps de soie du lit d’Elvidia, en fixant la porte :
_ Souhaites moi bonne chance, Nolla, soupira-t-elle. Aujourd’hui je vais enfin demander à mes parents la permission d’entrer à l’école de Myridian. Prions le ciel pour qu’ils acceptent…
Elle tourna la poignée, sortit de la chambre et referma la porte derrière elle. Le gigantesque couloir qui s’étendait devant elle était totalement désert, elle tourna à gauche et suivit le long corridor orné de statues représentant des aigles majestueux, l’aigle étant le symbole de la famille royale. Seul le bruit de ses pas lents résonnait dans ce silence pesant, et cela ne faisait qu’accentuer l’appréhension qu’Elvidia ressentait. Cela faisait maintenant plusieurs mois qu’elle avait projeté d’entrer à l’école de Myridian pour y suivre la longue et périlleuse formation qui ferait d’elle un membre à part entière du prestigieux Ordre des Guerriers. Elle avait tenté à plusieurs reprise d’en parler à ses parents mais à chaque fois, elle ne parvenait pas à évoquer ce sujet qui lui tenait tant à cœur. Après une longue marche tout au long de ce couloir sans fin, Elvidia arriva enfin devant les portes qui donnaient accès à la salle du trône, ou le roi et la reine étaient déjà présent depuis une bonne heure. Elle repensa à son rêve et se dit que c’était maintenant ou jamais. Elle prit une grande inspiration, poussa les portes de bois et pénétra dans la salle du trône.